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05/02

Goma aux couleurs de l’arc-en-ciel

Un bras maigre et frêle dans une chemise de bleu ancien tend son bras tremblant pour prendre mon passeport. Comme si l’aéroport n’a pas changé depuis qu’il a commencé à travailler là. Pour la première fois, je mets les pieds au Nord-Kivu. Goma me reçoit avec son air volcanique et montagneux. Entouré de ‘Motards’ casqués et de ‘Tshukudu’s’ qui transportent des bananes, du charbon de bois, des lattes en bois, etc., la voiture nous amène à notre destination.

Pour la première fois, le Congo me surprend avec sa fraicheur. J’ai froid!

Des casques bleus donnent une touche de couleur aux rues de Goma.

 

En chemin, je découvre le lac Kivu rempli dedioxyde de carbone et de méthane. Trente mètres plus loin une chaine de montagnes. La frontière avec le Rwanda. Au dessus des barques de pêcheurs qui tournoient, je vois les mots s’évaporer. Milices rebelles, M23, Hutu, Tutsi, enfants-soldats, Génocide, des tableaux déchirants, épuisement, manque d’eau, cholera…

 

En comparaison de la vie dans les quartiers de Lubumbashi, les nuits sont un peu trop tranquilles. Il n’y a pas cette population criante, priante, chantante sur le son des des tamtams pour être bercé et s’endormir.

Un peu plus loin, en hauteur, j’aperçois une lueur rouge, le volcan Nyiragongo. En différents endroits de la ville, le drapeau jaune a été hissé. Les activités volcaniques restent discrètes. Plusieurs quartiers, dont Katio et Turunga, ont été ensevelis en 2002 sous une coulée de lave. La population s’est enfuie dans la montagne. Au fil des années, des maisons en briques et en bois ont été reconstruites petit à petit.

 

Dans le quartier Himbi, où je reste quelques nuits, les routes sont en pavés. Des lanternes éclairent les trottoirs et des panneaux de signalisation indiquent les vitesses autorisées.

 

Pendant sept jours, nous travaillerons avec plusieurs ONG partenaires. Avec comme thèmes-clés les droits de l‘enfant et le droit à la santé. Nous partagerons et combinerons compétences et forces afin de réaliser des projets qui dépasseront les organisations et qui ciblent la région.

 

Les membres du consortium sont KIYO, M3M et leurs partenaires.

 

KIYO (Kids et Youth), et ses partenaires, ADED (Appui au Développement de l'enfant en déstresse), OCET (Œuvre Communautaire pour l'Education pour Tous) et AVREO (Association des Volontaires pour la Récupération des Enfants Orphelins) visent à garantir les droits de l’enfant.

 

M3M (Médecine pour le Tiers Monde) et ses partenaires, EDS (Etoile du Sud) et CODIC (Collectif pour le Développent Intégral au Congo), ciblent le droit à la santé.

 

Les différentes organisations se concertent et discutent concrètement comment utiliser ensemble les outils de travail. On échange les méthodes, stratégies, objectifs et instruments de mesure pour obtenir des résultats concrets.

 

Des termes comme sensibiliser, organiser, mobiliser, former, conscientiser, plaidoyers, campagnes, cartographie, forums, Changement le Plus Significatif, média, impliquer les autorités, interviews, etc. sont introduits, retournés dans tous le sens et analysés.

 

Des thèmes comme Empowerment, Droits de l’enfant, Droit à la santé, Genre, Sensibiliser/Organiser/Mobiliser et participation communautaire sont décortiqués sur base d’exemples de pratiques.

 

Les partenaires prennent le temps de considérer les questions suivantes : qui fait quoi dans la pratique et comment pouvons-nous apprendre les uns des autres ? Dans quelle mesure pouvons-nous collaborer et monter des activités communes? Comment pouvons-nous joindre nos forces et lutter ensemble pour nos droits à long terme ?

 

Nous ne voulons pas être des guérisseurs avec une approche curative. Nous voulons investir dans la prévention, en partant d’une approche basée sur les droits. Au lieu de répondre seulement aux besoins, nous partons à la recherche des racines qui sont à la base du problème.

 

Chaque activiste des droits humains revendique ses droits. Pour pouvoir faire cela il faut les connaitre. Les synergies de notre travail partagé doivent contribuer à construire un mouvement national pour le droit à la santé (MONDAS). Le but n’est pas de contrecarrer, mais bien de collaborer de manière constructive, en impliquant les autorités, les structures.

 

Une réflexion passionnante de longhe haleine dans un climat tempéré. Pour la première fois le Congo me surprend avec sa fraîcheur. J’ai froid!

 

Avant de retourner à la capitale, je fais le plein de toutes sortes de fruits, Goyaves, Bananes Plantains, fromage frais et lait.

 

Kinshasa, Wild West, we’re back in business. Prêts à monter des campagnes de sensibilisation pour lutter contre le choléra!

 

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