17/11/17

L'arme secrète de l'organisation philippine KARAPATAN

Récemment, M3M a reçu la visite d'une sacrée personnalité venue des Philippines. Jigs Clamor, directeur de notre partenaire KARAPATAN, était en Europe à l'occasion d'une conférence des Nations Unies.

Pourquoi étiez-vous à Genève pour les Nations Unies ?

Jigs : « Quelques collègues et moi-même nous sommes faits les porte-paroles de la population philippines durant l'Examen périodique universel. Il s'agit d'un examen des Nations Unies, au cours duquel elles analysent de très près la situation d'un pays en matière de droits de l'homme. Nous avons été entendus et j'en suis ravi, car la situation est difficile aux Philippines ».

 

Nous entendons beaucoup de choses au sujet du Président Duterte, que se passe-t-il exactement ?

Jigs : « Duterte s'est attaqué à la problématique de la drogue, mais au lieu de s'attaquer aux raisons socio-économiques sous-jacentes, il a déclaré une guerre agressive contre la drogue en général. L'armée et la police ont carte blanche pour abattre des suspects. Du coup, en un an, plus de 13.000 personnes ont été assassinées, principalement dans les quartiers défavorisés. Et ce, alors que les gros bonnets poursuivent leur business en toute impunité.

Pareil pour monsieur-tout-le monde s'il s'insurge d'une manière ou de l'autre contre la politique : il sera visé. Du coup, il est devenu risqué de défendre les droits de l'homme ».

 

Quel danger encourez-vous pour défendre vos droits ?

Jigs : « Depuis l'arrivée au pouvoir de Duterte, 88 activistes ont déjà été assassinés, ce qui fait des Philippines l'un des pays les plus dangereux au monde. Les défenseurs des droits de l'homme sont aussi souvent arrêtés sur base de fausses accusations. Actuellement, 416 défenseurs des droits de l'homme croupissent en prison. La mission de KARAPATAN, c'est précisément de libérer ces personnes pour qu'elles puissent à nouveau défendre nos droits ».

 

Comment faites-vous pour obtenir la libération de ces défenseurs des droits de l'homme ?

Jigs : « En réagissant rapidement lorsque quelqu'un est menacé ou arrêté, c'est notre arme dans cette lutte. KARAPATAN dispose de sections locales dans tout le pays, avec des bénévoles bien formés. Ils savent ce qu'ils doivent faire quand quelqu'un de leur région est arrêté. Ils se mettent directement en action. Ils examinent la plainte et offrent un conseil juridique et une assistance psychologique aux prévenus. Ils les mettent en contact avec des avocats et font en sorte que leur procès bénéficie de l'attention médiatique nécessaire."

 

Et cette approche porte-t-elle ses fruits ?

Oui, nous voyons les résultats positifs de notre travail partout. Par exemple, c'est grâce à notre action que l'activiste Sharon Cabusao a été libérée l'an dernier, après un an d'emprisonnement. Elle était active pour l'organisation de femmes GABRIELA. Grâce à la pression rapide et ininterrompue de KARAPATAN et de nos partenaires, elle a été libérée. Aujourd'hui, elle lutte à nouveau pour les droits des femmes et des prisonniers politiques. Je pourrais encore vous citer des dizaines d'exemples de défenseurs des droits de l'homme qui ont été libérés grâce à KARAPATAN et M3M.

 

Renforcez la voix des activistes philippins

Durant tout le mois de décembre, nous mettons les défenseurs des droits de l'homme philippins à l'honneur.  Nous partageons leurs histoires, les statistiques et les faits relatifs au contexte dans lequel nos partenaires travaillent aux Philippines et protègent les défenseurs des droits de l'homme. 

 

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