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08/01

Palestine : Une jeunesse marginalisée

En Palestine, le contexte économique difficile complique le renouveau au niveau des organisations sociales et politiques. Dans ce contexte, on s'imagine toute l'incompréhension et la frustration des jeunes Palestiniens.

Refuser le fatalisme

En combinaison avec l'oppression quotidienne de l'occupation, le fatalisme n'est jamais loin et risque d'entrainer une sous-représentation politique des jeunes, les laissant sans voix. Pourtant, une participation communautaire, impliquant les jeunes, serait bénéfique pour l'ensemble de la société palestinienne.

 

Un potentiel inexploité 

D'un point de vue démographique, la bande de Gaza compte l'une des plus jeunes populations au monde. Et, en Cisjordanie, « l’âge médian (à ne pas confondre avec l’âge moyen) est de 20 ans, ce qui signifie qu’il y a autant de Palestiniens de moins de 20 ans que de Palestiniens de plus de 20 ans. »1 Cette supériorité démographique met en lumière les défis actuels et à venir de la société palestinienne : amélioration des conditions de vie, lutte contre la pauvreté (presque un quart sont pauvres), le chômage (plus d'un tiers sont sans emploi), la violence chez les jeunes, etc.

Mais, pour l'instant, les besoins, préoccupations et enjeux des jeunes ne sont pas à l'agenda politique. En effet, beaucoup de leaders traditionnels palestiniens majoritaires dans les organisations sociales et les institutions publiques, octroient peu d'importance au rôle que peut jouer la jeunesse au niveau décisionnel dans la société. Deux facteurs expliquent ce positionnement. Premièrement, l'Autorité palestinienne et la sphère socio-politique palestinienne ne disposent pas de ressources économiques suffisantes pour mettre en place des politiques pouvant répondre pleinement aux besoins de la jeunesse. Deuxièmement, certains leaders traditionnels palestiniens peuvent percevoir les jeunes comme désorganisés voire passifs face à l'occupation.

 

Une jeunesse sans voix

En ignorant leurs situations, en refusant de leur faire confiance ou en donnant peu de valeur à leur participation, les leaders politiques palestiniens ne font que renforcer le sentiment de frustration chez les jeunes. Une partie non-négligeable des jeunes Palestiniens optent alors pour une passivité sociale ou politique. Cette dernière engendre et renforce, à son tour, une sous-représentation et surtout un manque de pouvoir réel des jeunes dans les institutions publiques et les organisations sociales.

Ne disposant pas des mêmes chances de participation au niveau de la prise de décision et de la mise en œuvre des politiques les concernant, les jeunes ne peuvent faire valoir correctement leurs droits et leurs préoccupations. Pourtant, une participation communautaire, intégrant les jeunes, pourrait redynamiser l'ensemble de la population palestinienne et la lutte contre l'occupation.

 

Un engagement pour le bien

La stimulation d'une participation politique de la jeunesse palestinienne apportera la preuve que la passivité n'est du tout une fatalité. Elle pourra mettre fin au retrait de la vie civique des jeunes et leur permettre de mieux défendre leurs droits. En outre, cela renforcera chez eux les sentiments de citoyenneté et d'appartenance à une communauté. Dés lors, ils agiront, par exemple par du volontariat, pour le bien de la société.

Il faut aussi donner l'occasion aux jeunes d'être représentés et écoutés lors du processus de décision et de la mise en œuvre des politiques. C'est pour cette raison que M3M et ses partenaires forment des leaders de jeunes afin de renouer le dialogue, le contact et la confiance entre les jeunes et la sphère socio-politique palestinienne.

Cet article fait partie d'une série sur la jeunesse en Palestine: "Palestine: Pleins feux sur la jeunesse"

 

 

1Yediot Aharonet, Yaron Druckman, « Palestine : la vérité des chiffres. », article disponible sur le site du courrier international : http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/30/la-verite-des-chiffres

 

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